Régions | 04 May 2012
Littoral/ Moungo : Le marché de Loum se meurt
Les paysans ont des insomnies à la seule idée d’aller vendre leur production sur le marché où les services de la mairie et la promiscuité dictent leur loi.
Au marché de Loum, c’est du sauve qui peut, même pour les produits alimentaires La localité de Loum située à environ 75 km de Douala jouit d’une réputation établie en matière de production agricole. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que cette ville ne bénéficie pas d’un espace commercial digne de son rang et de sa population qui va au-delà de 150 000 habitants. Ce marché qu’on dit avoir été construit au début des années 60 a très longtemps perdu son lustre d’antan. On ne compte plus le nombre de fois où les quelques boutiques qui tiennent encore debout ont perdu leur toiture à la suite des tornades. Ce marché n’a ni douches, ni toilettes, et le stade municipal qui le jouxte semble ne pas servir uniquement à des parties de football. Le marché d’une superficie d’environ 1 hectare se tient principalement les mercredis et les samedis. Les étalages sont rares et tous les produits agricoles en vente sont exposés à même le sol, comme si la menace du choléra n’était qu’un leurre.
La mairie fait la sourde oreille aux différentes récriminations. Le marché présente essentiellement quatre grands blocs : le bloc de vente des produits de première nécessité, celui des légumes (tomate, piment, poireau, chou, etc), le bloc des produits du terroir composés de vivres frais et tubercules (plantain, igname, noix de palme, manioc, etc.) et enfin le bloc de vente de la charcuterie (produits de boucherie, poules, chèvres, etc.). Chacun se débrouille tant qu’il peut pour vendre sa marchandise malgré l’inconfort et les intempéries.
D’après des commerçants de ce marché, les services de la mairie font la sourde oreille aux multiples récriminations. Ce qui ne les empêche pas de prélever sans discontinuer les diverses taxes et loyers. La place est payée à 100 F cfa journalièrement pour les vendeurs occasionnels et cette somme est perçue avant 8 h du matin pour ne pas louper ceux qui réussissent à placer rapidement leur marchandise. La mairie ne lâche pas du lest pour ce qui est de récolter ces royalties. La seule note positive vient du poste de police du marché, qui à l’unanimité assure bien la sécurité autour et à l’intérieur du marché.
Toutes ces tracasseries n’encouragent pas les paysans à venir vendre leur production dans ce marché. On a même constaté que beaucoup cèdent facilement leur marchandise au premier venu à l’approche de ce marché, même si le bénéfice réalisé est inférieur à celui qu’ils auraient eu en vendant au marché. Il se développe aussi de plus en plus de petits marchés secondaires dans les villages environnants, où des grossistes locaux et gabonais achètent directement aux producteurs. Bref tout est mis en œuvre pour contourner le marché de Loum, et ce n’est qu’en dernière alternative qu’on y va. Irénée Modeste Bidima
Ouest L’arrondissement de Djebem fait sa rentrée agricole Les producteurs ont reçu des appuis pour cette campagne agricole. Mais le retard des pluies continue de les inquiéter. Pratiquer deux cycles de culture pendant la campagne agricole, voilà ce qui a motivé la commune de Djebem dans le Koung-khi à organiser une rentrée agricole. Elle a été soutenue par la délégation d’arrondissement du Minader et la société coopérative de développement agropastoral et artisanal de Demdeng. Les membres de 30 Gics ont reçu des appuis : semences, fiente, et autres intrants pour cette campagne. Madame Hélène Simo, déléguée du Gic Prapad de Kam Ndeng présage déjà que sa production sera bonne. Elle projette présenter sa récolte au prochain comice régional. Pour Marie Louise Kamga déléguée du Gic Eveil de Semto, ces appuis permettront aux femmes de son Gic de produire davantage. «Avec ces appuis on passera les étapes difficiles que nous avons connues auparavant sur le plan agropastoral » dit-elle.
Les pluies toujours attendues L’initiateur de cette rentrée Joseph Mambou, a promis aux producteurs de “déployer les encadreurs agricoles sur le terrain pour le suivi de leurs activités”. La cérémonie présidée par le Sous-préfet, Jean Mathieu Clément Ndongo aura beau apporter le necessaire aux producteurs, mais sans la pluie ils ne peuvent rien. « Il faut attendre même jusqu’au début du mois d’avril” a conseillé le délégué d’arrondissement du Minader Djoko Michel Kuam, aussi inquiet des pertubations climatiques. Le retour effectif des pluies est à présent le voeu le plus cher des producteurs de la région de l’Ouest. Jean-Baptiste Ndemen
Sud : Le Minader offre deux tracteurs aux écoles d’agriculture L’école technique d’agriculture et le Collège régionnal d’agriculture ont été les premiers bénéficiaires
Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) s’est dédouané le 13 mars dernier du stock de tracteurs disponibles au village du comice à Ngalan. La gestion incombe désormais à Lazare Essimi Menye, ministre de l’agriculture et du développement rural (Minader). Du stock disponible à Ngalan, 111 tracteurs seulement avaient déjà réussi le test de fonctionnalité effectué par le Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema).
En foulant une fois de plus le sol de Ngalan, E. Nganou Djoumessi s’est dit très satisfait de la situation actuelle des tracteurs. Contrairement à son passage du 21 janvier dernier où il s’était gravement attristé, le site est sécurisé, les tracteurs sont progressivement sous hangar. Il dit être rassuré de l’effectivité de la réalisation de ce projet de construction de l’usine d’assemblage des tracteurs à Ebolowa. En mettant ce matériel agricole à la disposition du Minader, c’est pour lui un pas vers la modernisation de l’agriculture du Cameroun. Réceptionnant ces tracteurs, L. Essimi Menye affirme que ce matériel ne peut être disponible aux usagers qu’après leur formation.
A cet effet, les jeunes apprenants des écoles d’agriculture (ETA et CRA) d’Ebolowa ont bénéficié de deux tracteurs, car ce sont eux qui sont appelés à être opérationnels sur le terrain. Pour le patron de l’agriculture, la distribution se poursuivra avec les fermes semencières et les projets agricoles. Pour le reste de demandeurs, la commission est à pied d’œuvre et les conditions d’attribution vont être connues ultérieurement. A ce sujet, Alain Nvoudi, jeune agriculteur du village Ngalan, pense que «malgré la projection vers la mécanisation, le problème du paysan actuel reste entier. Il s’agit du manque de financement, des semences de qualité, de la cherté des produits phytosanitaires et de l’abandon du paysan sans suivi”. Jacques Pierre? Seh
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