Info en continu | 04 Jan 2010
Lindoï : Les Rencontres agro-pastorales s'installent
Annoncé depuis quatre mois seulement, le rendez vous des agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs et autres paysans a connu un réel succès dès sa première édition. Du 17 au 19 décembre dernier, Lindoï, petite localité du département Nyong et Kellé, arrondissement de Makak et district de Bôndjock, a sans doute accueilli le plus grand nombre de visiteurs de son histoire. Dès les premiers jours, les champs et les lacs du Gic Dorofarm ont été inondés de monde. Les clients sont partis de Douala, de Yaoundé, de Bafoussam, d'Eséka, d'Edéa et autres grandes villes pour faire leurs provisions des fêtes de fin d'année. Mais ce sont les lacs qui ont été le plus sollicités. Tous les visiteurs voulaient du poisson frais.
D'où la grande surprise du promoteur de ces rencontres agro-pastorales de Lindoï, M. Ton Manguele par ailleurs maire de la commune de Bôndjock : "On n'attendait pas autant de monde les premiers jours, mais nous allons les servir et les satisfaire". A peine les lacs vidangés, des grappes de poissons cherchaient des refuges dans la vase, pour tenter d'échapper à la capture. Hélas ! Des jeunes garçons commis à la tache les capturaient aussi facilement grâce à des techniques apparemment bien rodées. Les clients, agglutinés au bord des étangs, choisissaient leurs produits sur place. Les prix qui étaient à la portée de tous ont permis à chacun de s'approvisionner abondamment. Les silures avaient un poids de près de dix kilos l'unité, alors que les carpes et les tilapias attiraient des clients en raison de leur beauté mais aussi de leur grosseur…
Les champs d'ananas et de plantains étaient également envahis et on n'hésitait pas à sucer les fruits qui étaient appréciés pour leur saveur. Les régimes de plantains dont le prix variait entre 1000f et 2000f s'arrachaient comme des bouts de pain. Les porcs et les poulets, bien en chair, autres vedettes de cette première édition de ces rencontres agro-pastorales, se sont également envolés dans les sacs de marché des nombreux visiteurs des Real, comme précieuses provisions pour les fêtes. Plus loin, c'est-à-dire sur la place du marché réservée à l'exposition, des commerçants sont venus de très loin pour faire écouler leurs marchandises. On y trouvait de l'huile de palme, du beurre du cacao, du mintoumba (bâton de manioc cuit à l'huile de palme), du macabo, des ignames, des chenilles, du manioc, du miel etc. Paul Essola, un paysan qui est parti d'un village voisin, est arrivé avec une tonne d'ignames qui a été épuisée illico presto. "Mes épouses et moi sommes très contents de ce marché organisé ici à Lindoï en fin d'année. En moins d'un jour, on a gagné ce que nous gagnions après quatre voyages à Yaoundé ou à Douala", affirme cet homme qui a manifestement fait de bonnes affaires aux Real. Il a du reste été obligé de rentrer ravager ses champs pour espérer satisfaire la demande jusqu'à la fin du marché prévu le 19 décembre au soir.
Mais, il n'y avait pas que les produits agricoles à Lindoï. Les artisans, les vendeurs d'habits et d'autres produits de première nécessite ont donné un visage particulier à ce marché qui s'est alors transformé en un véritable comice agro-pastoral. Certains l'ont baptisé, à juste titre, ''le grand marche de la fin de l'année''. Et comme si cela ne suffisait pas, les femmes venues de Douala et conduites par Rose Manguelle, ont proposé des grillades aux visiteurs. A cet effet, des silures, des carpes, du poulet, de la viande de porc étaient ainsi braisés et servis sur place. Ce qui en rajoutait à la chaleur de la nuit, déjà apprivoisée par les groupes d'assiko qui ont animé le site des Real pendant ces quatre jours.
A Lindoï, il y avait donc à voir, à boire, à acheter, mais aussi à apprendre. L'une des articulations essentielles de ces rencontres agro-pastorales 2009 était en effet la formation des agriculteurs. On a vu des Pakistanais, des Français venus découvrir cette première expérience et créer des contacts pour acquérir des produits comme le gingembre, le piment et autres. Des ingénieurs camerounais de l'Institut de recherche pour l'agriculture et le développement (Irad) ont tenu des séminaires de formation à l'intention de plusieurs personnes qui avaient besoin de certaines connaissances pour améliorer leurs récoltes. Pendant plus de quatre heures par jour, les techniciens de la terre ont légué leur savoir-faire à ces apprenants ; ils espèrent trouver une performance meilleure dès avril prochain, période annoncée pour la tenue de la deuxième édition des Rencontres agro-pastorales de Lindoï.
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