Info en continu | 15 Dec 2009
Ouest : les mairies face au défi de la décentralisation
Avant dernière dans le classement par indice de développement local du programme national de développement participatif (PNDP), les collectivités de l’ouest risquent d’être surprises par le processus de décentralisation. Pour promouvoir l’image des communes de l’Ouest, le Saco 2009 a organisé une foire. Si l’on en juge par le nombre de communes qui y ont participé, 41 au total, et la coloration politique non Rdpc de certaines d’entre elles, on peut conclure que les communes avaient besoin de ce grand moment. Pour certaines cependant, les quatre jours du salon n’ont pas été autre chose qu’une occasion de parader. Jusqu’à la dernière minute, des communes de la région ont été incapables d’animer le stand mis à leur disposition. Sans pourtant être les plus pauvres. Leur potentiel en ressources agro-industrielles, la personnalité de leurs élus imposaient certaines attentes. Chez ceux qui avaient trouvé le moyen de faire vivre cet espace de communication, ce qu’on trouvait dans les stands n’avait rien à voir avec les réalités qu’elles gèrent au quotidien.
En effet, exposer des éléments disparates d’une culture pour laquelle on ne s’est pas souvent battu n’a rien à voir avec les principaux enjeux de la décentralisation. Dans cette foire des mairies, moins de 5 parlaient du quotidien des communes, à l’instar de la plate forme santé de la commune de Bamendjou ou les difficultés d’accès à l’eau potable qu’on vit dans le département des Bamboutos. Derrière ces dernières transparaissait d’ailleurs la main habile des organisations de la société civile.
D’aucuns n’ont pas manqué de reconnaître, en marge des débats, que dans leur fonctionnement quotidien, les comités de développement villageois offrent plus de visibilité et de satisfaction aux populations à la base que les communes, parce qu’elles reflètent leurs aspirations et sont gérées avec leur participation. Le thème choisi : « la contribution des partenaires et de la diaspora au développement du Cameroun et de la région de l’Ouest en particulier », voulait donc intégrer une préoccupation majeure de nombreux Camerounais de l’étranger qui contribuent valablement au développement de leur terroir. Seulement, si beaucoup de communes crient leur pauvreté, c’est surtout leur mode de gestion fait de personnalisation excessive des initiatives, qui risque de freiner le train de la décentralisation. S’adressant aux députés de la commission des finances le 25 novembre 2009, le Minatd Marafa Hamidou Yaya a réitéré la résolution du Conseil national de la décentralisation, du « transfert des compétences et des ressources aux communes et Communautés urbaines dès l’exercice 2010 ».
Sont-elles prêtes à les gérer ? Pendant quatre jours, on a évoque les textes finalisés et des séminaires de renforcement des capacités des acteurs du processus. Lorsqu’on sait qui est, à la base, l’agent communal et le maire qui vient travailler avec lui, on craint qu’on ne mette la charrue avant les bœufs. « Concernant l’assainissement de la gestion des communes, outre les missions d’assistance et de contrôle, plusieurs missions ont été conduites sur le terrain à l’effet de nous assurer de la qualité de leur gestion. Les conclusions et recommandations des rapports de ces missions ont donné lieu tantôt à de suites administratives, tantôt à des suites judiciaires contre certains responsables communaux reconnus coupables de malversations diverses », confiait Marafa Hamidou Yaya aux députés. Certains maires pourraient se préparer pour la prison, dès 2010 … Franklin Kamtche - Journal lejour 14-12-2009
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