En pratique | 25 Feb 2010
Apiculture : La santé des abeilles
- Les maladies et ennemis - Comment les combattre
Certaines maladies et ravageurs causent beaucoup de dégâts dans l’élevage des abeilles pour la production du miel. Il s’agit pour l’apiculteur d’abord de bien les connaître afin de pouvoir les prévenir ou appliquer les soins adéquats.
Quantité de ravageurs s’attaquent aux colonies d’abeilles, qu’ils sont susceptibles d’affaiblir, voire de détruire totalement. Comme les conditions locales diffèrent d’une région à une autre, il est bon de se renseigner auprès des apiculteurs du voisinage pour en savoir plus sur les ravageurs les plus à craindre et les parades les plus efficaces.
1- Les fourmis Ce sont des fourmis légionnaires et des fourmis processionnaires qui sont à redouter. Ces fourmis se déplacent généralement loin de leur fourmilière. Il leur arrive même de déménager celle-ci de temps à autre. Carnivores, elles chassent, souvent de nuit, des insectes ou des petits animaux incapables de fuir. Ces espèces attaquent fréquemment les colonies d’abeilles, même très hautes dans les arbres creux, et consomment le couvain sans toucher au miel. Elles investissent alors les ruches en si grand nombre qu’elles sont capables d’éliminer complètement une colonie en quelques heures.
Les abeilles africaines essaient de repousser ces attaques en formant une boule compacte à l’entrée de la ruche, tandis que les fourmis les extirpent une par une en les mangeant. En général ce sont les fourmis qui finissent par dominer la situation. Si elles interviennent de jour, les abeilles fuient la ruche en direction des habitations situées à proximité, ce qui alerte parfois l’apiculteur. Il arrive que la colonie entière déserte les lieux pour revenir après le départ des fourmis. Le plancher d’une ruche qui a subi l’incursion de fourmis légionnaires est couvert de cadavres d’abeilles et de fourmis. Comment prévenir les attaques de fourmis : il est difficile de protéger les ruches des fourmis mais les mesures ci-dessous s’avèrent souvent utiles : - Si les ruches sont au sol, glissez une plaque de métal ou une tôle entre la ruche et son socle. La plaque devrait dépasser d’au moins 5 centimètres tout autour du socle. Les fourmis sont capables de franchir cet obstacle, mais avec difficulté, ce qui décourage beaucoup d’entre elles. Ces plaques peuvent également protéger la ruche des attaques de termites et par ailleurs, limitent l’emprise de la végétation tout près de la ruche ; - Verser des cendres fraîches autour du socle de la ruche. Les cendres doivent être remplacées fréquemment surtout après avoir été mouillées ; - Verser de l’huile de vidange autour du socle de la ruche ; - Suspendre les ruches par des fils de fer enduits de graisse ; - Bien désherber pour ne laisser aucune végétation en contact avec le socle des ruches ; - S’assurer que les ruches comportent un espace suffisant entre le dessus des barrettes et le toit pour que les abeilles puissent y patrouiller et repousser les intrus. On observe souvent des fourmis s’installer sous le toit des ruches lorsque les abeilles ne peuvent y accéder.
2- Les coléoptères des ruches L’espèce de coléoptère de ruche la plus grande recherche le miel tandis que la plus petite entre dans la ruche pour s’y reproduire. La première, plostomus fuligineus, est un coléoptère mellivore surtout présent à basse altitude sous climat chaud. Il fait parfois des dégâts importants, surtout dans les colonies faibles. Le grand coléoptère des ruches peut être ramassé à la main sur les rayons, mais l’opération est laborieuse et difficile du fait de l’agressivité des abeilles africaines. Mieux vaut tenter d’empêcher ces insectes de pénétrer dans la ruche en limitant la taille des orifices d’entrée, par exemple en les recouvrant d’un grillage ou en les obstruant partiellement avec une plaque métallique. L’entrée doit être assez grande pour laisser passer les faux bourdons et la reine, sauf peut-être en cas de mesure exceptionnelle temporaire. Il faut veiller toutefois à ce que la ruche soit suffisamment ventilée.
Le petit coléoptère des ruches, Aethina tumida, est un ravageur plus fréquent dans les régions moins chaudes. Si les colonies fortes sont en mesure de les repousser, les plus faibles peuvent être mises en difficulté. Ce coléoptère se reproduit dans la ruche et ces laves se nourrissent de pollen et de miel, ce qui provoque la fermentation du miel et sa liquéfaction. Une attaque de grande ampleur peut réduire l’ensemble des rayons à un amas pulvérulent sur le plancher de la ruche. La lutte préventive consiste à aider la colonie à repousser ces coléoptères. Les abeilles doivent pouvoir avoir accès à toutes les parties de la ruche pour en chasser les intrus et protéger leurs laves. Si leur nombre est insuffisant pour couvrir tous les vieux rayons, il faut en tirer quelques uns. Le petit coléoptère des ruches a maintenant atteint l’Europe, ou les dommages qu’il occasionne sont encore plus importants qu’en Afrique, son continent d’origine. Il est vraisemblable que cette espèce deviendra également un problème sérieux dans les régions du Pacifique et des Caraïbes.
3- Les fausses teignes Les fausses teignes font plus de dégâts dans les régions à climat tropical que dans les zones tempérées. Il en existe deux espèces : La grande fausse teigne (Galleria mellonella) et la petite fausse teigne (Achroia grisella). Ces papillons vivent et se reproduisent sur les rayons, notamment sur les vieux rayons noirâtres. On les aperçoit quelques fois dans les ruches qui en sont envahies, et aussi dans les rayons où on peut observer les galeries tissées de soie des laves. Des rayons entiers peuvent devenir une seule masse de fils enchevêtrés et quand les laves entrent en nymphose, elles se creusent une loge dans le bois de la ruche. On trouve généralement les fausses teignes dans les colonies faibles, elles peuvent tuer ou pousser à déserter, tandis que les colonies vigoureuses sont capables de leur tenir tête.
Il arrive souvent qu’une nouvelle colonie entre dans une ruche détruite par les fausses teignes et s’y installent, abandonnant le reste des rayons tombés sur le plancher de la ruche, nettoyant et bâtissant de nouveaux rayons par le haut. On observe parfois des infestations de fausses teignes après qu’un essaimage a affaibli une colonie forte. Le risque est accru si les abeilles ont consommé beaucoup de miel et on laissé les rayons vides sans surveillance. Toute colonie qui a perdu sa reine est susceptible d’être attaquée par la fausse teigne.
Le meilleur moyen de prévenir les attaques de fausse teignes est de faire en sorte que les colonies demeurent suffisamment fortes ( elles doivent avoir une bonne organisation avec beaucoup d’abeilles soldats) et de retirer les rayons de miel que les abeilles ne sont pas en mesure de défendre. Les rayons vides constituent un excellent substrat de reproduction de ces papillons. Les ruches à barrettes sont ici avantagées par rapport aux ruches à cadres mobiles, car les abeilles n’ont pas à y protéger les rayons vides après l’extraction du miel. Il reste que les fausses teignes contribuent à limiter la propagation des maladies en éliminant rapidement les colonies atteintes.
4- Les poux des abeilles ou braules Les ravageurs ordinairement connus sous le nom de poux des abeilles ou braules (braula spp.) sont en fait de minuscules mouches dépourvues d’ailes. Les braules sont de temps en temps observées sur le thorax des abeilles domestiques, notamment sur les reines, qui emportent parfois plusieurs. La femelle pond ses œufs sur les opercules de cires des cellules à miel, et les laves creusent de très fins tunnels sous la surface des rayons de miel. Certains observateurs sont d’avis que les petits points blancs que l’on voit quelques fois sur les rayons à couvain sont des œufs de braules. La meilleure protection est d’avoir des colonies fortes.
5- Les acariens Les recherches ont montré que les acariens sont un facteur de stress pour les abeilles et peut-être contribuent-ils aux échecs répétés des tentatives d’importations d’abeilles exotiques en Afrique, au sud du Sahara. On sait peu de choses sur les acariens qui s’attaquent aux abeilles domestiques en Afrique, mais ils sont à prendre en considération lorsque l’on se trouve confronté à une colonie qui s’affaiblit sans raison apparente. La varroase est une maladie causée par l’acarien Varroa jacobsoni, découvert à l’origine en Asie du Sud-est sur la petite abeille asiatique Apis cerana.
Depuis les années 1970, cependant, ces acariens, qui parasitent généralement l’espèce Apis mellifica, s’est propagé à l’ensemble de l’Europe et d’Asie, du continent Américain et il est aussi présent en Afrique du Nord. Il a également été observé en Afrique de Sud, où cette menace est prise très au sérieux. On ne sait pas encore si l’abeille africaine, dont les cycles de reproduction sont légèrement plus courts, résistera mieux que l’abeille européenne. Si le Varroa finit par se répandre et s’installer dans toute l’Afrique, les conséquences pourraient en être très graves. Il s’agit là d’une raison fondamentale pour s’abstenir d’importer des abeilles des zones infectées vers des zones encore exemptes.
6- Les insectes xylophages Les insectes qui attaquent le bois sont capables d’occasionner d’importants dégâts aux ruches. Ils peuvent être découragés en passant l’extérieur des ruches à la peinture ou à la créosote. Ce produit a une odeur qui attire les abeilles, mais ne doit pas contenir d’adjuvant insecticide. On parvient parfois à protéger le bambou, particulièrement vulnérable aux insectes xylophages, en le fumant ou en le faisant tremper dans l’eau pendant plusieurs jours. La fumée de la plante muletha serait également un répulsif pour les destructeurs de bois.
7- Les oiseaux Beaucoup d’espèces d’oiseaux consom-ment des abeilles. En général, ils se perchent dans les branches d’un arbre du voisinage et capturent les abeilles en vol devant l’entrée de la ruche. Le plus souvent, les dégâts occasionnés aux colonies sont relativement mineurs. Une bonne tactique préventive consiste à couper, autour du rucher, les branches qui pourraient constituer des perchoirs commodes pour ces prédateurs. Il est curieux de constater que les oiseaux connus sous le nom de guêpiers s’avèrent moins nocifs que beaucoup d’au-tres espèces Nyat Gomtsida Guy Marcel - Consultant en apiculture. Tél. 77 25 55 12 E.mail : gomtsida@yahoo.fr
 « La plus grande difficulté de l’apiculture c’est l’homme » Ngangue Casimir, chercheur en apiculture et en apithérapie “Ma passion pour les abeilles est née depuis mon enfance. J’ai été davantage incité à faire carrière dans l’apiculture par le journal La Voix Du Paysan qui a vulgarisé cette filière. A force de découvrir dans plusieurs numéros les vertus médicinales du miel, j’ai été poussé à chercher non seulement d’autres valeurs théra-peutiques mais aussi cosmétiques des divers produits de la ruche tels la cire, la gelée royale (nourriture de la reine), le miel y compris. Le résultat est qu’aujourd’hui je récolte un miel thérapeutique appelé « Miel Vera », qui diffère du miel ordinaire en ce que les abeilles prélèvent le nectar de certaines plantes médicinales que j’ai planté tout autour de leurs ruches et la substance active de ces plantes est déversée dans le miel qu’elles produisent. J’exerce cette activité depuis dix ans et les difficultés auxquelles je fais face sont d’ordre financier et surtout technique. Il y a principalement l’acquisition du matériel apicole, c'est-à-dire les ruches (15 000 FCFA l’unité), l’enfumoir (12 000 FCFA), la tenue de travail approprié, les machines d’extraction telle que la centrifugeuse (environ 200 000 FCFA), qui permet d’extraire la gelée royale. Je fais aussi face aux difficultés dont la plus grande est l’homme qui dégrade l’environnement par l’utilisation des pesticides, des insecticides, les feux de brousse etc.
c’est le plus grand ennemi de l’abeille qui rend le travail plus difficile parce que lorsque les abeilles se sentent menacées, elles fuient la ruche ce qui pousse l’apiculteur à se déplacer constamment à la recherche d’un milieu favorable c'est-à-dire moins pollué, calme et moins humide. Un autre obstacle est les prédateurs tels que les oiseaux, les lézards, les crapauds, les guêpes, la fausse teigne, (un papillon dont les larves se nourrissent de cire) pour qui la solution est de placer sa ruche à quelques mètres du sol (4mètres) et dans la direction opposée du vent. D’autres ne tuent pas les abeilles mais s’introduisent dans la ruche pour piller le miel. C’est le cas du sphinx à tête de mort, appelé «tigre des abeilles», un papillon nocturne qui pénètre dans la ruche et mange tellement de miel qu’il est trop gros pour ressortir par le trou de vol. Les abeilles se défendent contre ce genre de prédateur en le tuant et en le propolisant pour éviter sa décomposition. Il en existe plusieurs autres tels les mulots, campagnols, musaraignes mais que l’on rencontre en Europe et contre lesquels les abeilles se défendent elles mêmes. Michelle Mbiendou.
|