Dossier du mois | 25 Feb 2010
Comice agropastoral « Ebolowa 2010 »
Le Sud attend un « comice de la relance agropastorale » A défaut d’une fête de l’excellence, le Sud se satisferait bien d’un « comice de la relance agricole »
Ils sont nombreux les producteurs du Sud qui ont accueilli très favorablement l’organisation en 2010 d’un comice agropastoral à Ebolowa comme l’a annoncé le chef de l’Etat.
Ils sont surtout unanimes pour dire que le temps imparti ne permet pas d’organiser un comice à l’image de ceux que l’on a connus par le passé et que nous racontent certains acteurs. Et pourtant ils en attendent beaucoup et proposent des pistes qui nous semblent très intéressantes. Un paysan et ancien conseiller municipal à Ambam, M. Abessolo, résume les propos des producteurs, diversement exprimés, en ces termes « Nous voulons que le comice d’Ebolowa soit le comice de la relance de notre agriculture et de l’élévage, de la pisciculture». Car selon lui et bien d’autres paysans rencontrés à Ngoulemekong, Avoundi en passant par Meyo Centre, Nkoladom, Biba, Mbeleman et bien d’autres localités «Notre région est trop en retard sur le plan agricole et de l’élevage. Si à défaut d’être un comice où on montre les grandes réalisations sur le plan agricole, on peut en faire une occasion de jeter les bases du vrai décollage de l’agriculture dans notre région, nous dirons bienvenue au comice ». Le Sud est probablement la région la plus dépendante sur le plan alimentaire. Allez dans les agences de voyage le matin voir les quantités de tomates, de fruits…qui sont embarqués pour Ebolowa, Sangmélima, Djoum…Certains fonctionnaires en activité à Ebolowa affirment s’approvisionner en plantain et autres protéines plutôt à Yaoundé.
La région a le potentiel pour son autosuffisance alimentaire. Même si les routes sont insuffisantes, on peut relever que de Yaoundé jusqu’aux frontières Gabon et Guinée Equatoriale (près de 300km) on marche sur du bitume. Tout comme de Yaoundé à Sangmelima et Mvomeka (250 km). Qu’a-t-on fait pour une bonne exploitation de ce désenclavement lorsqu’on sait que le long de ces routes on observe très peu d’exploitations agricoles. De Kyé Ossi à Yaoundé vous ne remplirez pas une camionnette de 2,5t de plantain ou de macabo. Et lorsque vous trouvez ces denrées le prix est hors de portée.
En matière de production de poisson, le Sud est en pôle position pour alimenter les marchés camerounais et de la sous région. Au lieu de quoi c’est du maquereau pourri que l’on vous servira quand vous demanderez du poisson, ou alors du poisson d’eau douce prématurément capturé. Pendant ce temps le projet piscicole de Avoundi (37 km d’Ebolowa) est abandonné dans la broussaille avec des poulaillers abritant 2 moulins et un groupe électrogène qui n’ont presque jamais fonctionné, des fumoirs, des étangs, plus de 4 ha de retenu d’eau. Un projet qui a coûté 500.000.000 F CFA à la coopération espagnole et inauguré en 2005 par le Minepia. Que dire de ces étangs piscicoles à Ndoungou près de Megong, et bien d’autres qui s’offrent à vos yeux au passage ? La production maraîchère est en voie de décollage depuis Asandjik (20 km d’Ambam) jusqu’aux portes de Yaoundé en passant par Kyé Ossi, Mbeleman….
les jeunes se battent sans ressources ni encadrement pour produire des tomates qui sont vendues plutôt sur les marchés frontaliers ou chez les voisins. Le comice à venir n’offre-t-il pas l’occasion d’évaluer enfin la pertinence, les performances et la gestion des antennes des projets du Minader et du Minepia dans le Sud : racines et tubercules, bananier plantain, bas fonds…projet porcin, élevage non conventionnel…. ? Il serait étonnant de ne pas les voir au comice et surtout leur apport à cet événement. Ces projets devraient saisir cette belle occasion pour montrer leurs résultats. Car, avec Ebolowa 2010, voici venu le temps de l’évaluation de tous les projets et programmes du secteur rural dans le Sud Martin Nzegang
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