Bon à savoir | 08 Feb 2012
Recyclage des déchets : La seconde vie des coquilles
On les recycle pour nourrir les poules pondeuses ou amender les sols argileux. Mais pour en arriver là, les coquilles doivent être bien séchées et broyées.
Jean Luc Saunier transforme les coquilles en poudre pour l’alimentation des pondeuses.
Au 27ème salon national des cultures marines tenu les 20 et 21 septembre 2011 dans la petite ville de Vannes en Bretagne (Ouest de la France), un géologue est venu exposer son savoir-faire. Il transforme les déchets d’élevage d’huitres, de moules et autres coquillages en poudre. «L’essentiel de la production est livré aux provenderies pour la fabrication d’aliments des poules pondeuses. Une autre partie est achetée par les agriculteurs pour servir d’amendement aux terres argileuses et sablonneuses dépourvues de calcaire» confie-t-il. Jean Saunier se définit comme un acteur du développement durable. Environ 2500 tonnes de déchets de coquillages transformés en 2010 par sa société dénommée Ovive. Un volume bien modeste si l’on considère d’après ses statistiques que l’élevage des coquillages produit en France plus de 25000 tonnes de déchets par an.
les coquilles d’œufs de poules Et Si Ovive est l’unique société de transformation de coquilles à l’échelle industrielle dans le pays, ce secteur compte néanmoins plusieurs structures artisanales le long des côtes. Leur expérience de transformation avec des moyens modestes peut être répliquée au Cameroun, pense le Directeur général de Ovive. Il le dit en déroulant la liste des courriers reçus sur son ordinateur portable, où il dévoile un courrier électronique dont l’expéditeur n’est autre qu’un jeune camerounais. Ce dernier qui se présente comme un originaire de la zone côtière résidant à Douala, se propose de lui fournir des coquilles à raison de 500 euros la tonne. A ce prix exorbitant, relève le géologue, il vaut mieux transformer la matière sur place. Pour avoir travaillé au Cameroun en 1979 dans le secteur pétrolier, Jean Luc Saunier dit savoir que les côtes camerounaises sont bien pourvoyeuses de coquillages sauvages. Mais avoir les coquilles est une chose, les transformer est une autre. Cette matière dure doit être séchée au soleil ou ventilée à l’air sec pendant plusieurs jours (afin de détruire les germes liés à l’humidité) après quoi elle est broyée dans de robustes moulins conçus à cet effet, explique le géologue.
Mais, il y a moins dur : les coquilles d’œufs de poules. Celles-ci ont les mêmes vertus que les coquilles d’animaux marins. Mais, sont plus délicates à transformer du fait des restes d’humidité qui ont tendance à persister sur les parois concaves de l’œuf. L’humidité favorisant le développement des germes toxiques, explique le géologue, il est prohibé au nom des normes sanitaires, de recycler les coquilles d’œufs pour l’alimen-tation des poules en France. Néanmoins, se ravise-t-il, dans une zone tropicale où il y a assez de soleil pour sécher à point n’importe quelle matière, les coquilles d’œufs peuvent faire l’affaire des provendiers et des aviculteurs. C’est même déjà le cas au Cameroun actuellement, dans une moindre mesure. Marie Pauline Voufo
La Voix Du Paysan visite Ouest France Des journalistes camerounais sont allés toucher du doigt les réalités de la presse quotidienne et périodique du groupe Ouest France. La Voix Du Paysan en a tiré plus d’un enseignement pour son activité et celle des petits producteurs.
La rédactrice en chef de La Voix Du Paysan (2ème à partir de la droite) en compagnie de Romuald Nkonlak et Claude Tadjon du quotidien Le Jour, entourés de deux rédacteurs en chef adjoints à Ouest France
Répondant à l’invitation de Ouest Fraternité, association regroupant des personnels du journal Ouest France, des journalistes de La Voix Du Paysan et du quotidien Le jour, journaux édités au Cameroun, ont séjourné à Rennes au cours du mois de septembre 2011. Ce fut l’occasion pour les professionnels camerounais de faire connaissance avec les équipes de rédaction et l’organisation du travail au sein du premier quotidien régional de France.
Les petits producteurs se ressemblent A Rennes, capitale de la région de Bretagne (ouest de la France) où ils ont été accueillis, les journalistes camerounais ont pris part aux conférences de rédaction au siège du journal, après quoi ils ont regagné les rédactions locales. Le quotidien Ouest France tiré à 780 000 exemplaires compte en effet 47 éditions locales. Plus qu’un quotidien régional, Ouest France est un grand groupe de presse qui a des filiales spécialisées. Le groupe Infomer en est une. Il produit l’hebdomadaire Le marin, le mensuel Cultures marines et le bimestriel Produits de la mer. La Bretagne étant une zone côtière, les activités de pêche et d’élevage en mer y sont de tradition. Même les habitudes alimentaires dans cette région sont très liées aux produits de la mer. Le journal Le Marin est pour les petits pêcheurs et autres travailleurs de la mer, ce que La Voix Du Paysan est pour les petits producteurs et autres seigneurs de la terre. En y faisant son nid en septembre sur le conseil de l’association Ouest Fraternité, La Voix Du Paysan a touché du doigt les conditions de travail des petits producteurs de l’autre côté de la méditerranée. A bien les voir et les écouter, rien n’est gagné à l’avance pour eux non plus. Ils doivent se battre pour continuer à exister et maintenir le cap. La plus grande menace pour leurs activités étant les multinationales agroalimentaires qui disposent de gros moyens et des équipements sophistiqués avec moins de main d’œuvre et plus de productivité.
D’après André THOMAS, rédacteur en chef de Le marin, ce journal créé en 1946 au lendemain de la seconde guerre mondiale, période d’intense activité marine, connaît actuellement une forte érosion de ses ventes due à la réduction progressive de la population des ouvriers de la mer. Les navires de pêche se font de plus en plus grands et les petits pêcheurs battent de l’aile. Pour continuer à exister, ils doivent diversifier leurs activités, être créatifs et professionnels. Ils doivent aussi, et c’est ce qu’ils font souvent, exprimer haut leur ras-le-bol quand ils sont poussés à la faillite et à la disparition. Pour La Voix Du Paysan qui a approché ces petits producteurs d’un autre genre, c’est une démarche légitime d’être créatif et combatif pour défendre et mener convenablement son activité. C’est légitime de vouloir exister tout court. MPV
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