|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Dossier du mois |
|
» La voix du paysan
Dossier du mois | 23 Jul 2009
Des producteurs autour de Yaoundé témoignent
Ils sont maraîchers, fleuristes ou producteurs de maïs dans la zone périurbaine de Yaoundé. Une seule et même motivation les anime : saisir l’opportunité....
Ils sont maraîchers, fleuristes ou producteurs de maïs dans la zone périurbaine de Yaoundé. Une seule et même motivation les anime : saisir l’opportunité que leur offre la proximité par rapport à la capitale pour gagner leur vie. Cela semble leur réussir.
Christian Onguéné, maraîcher à Nkol Ondom « Grâce à mes revenus, je m’occupe de ma femme et de mon enfant »
 “En réalité, je suis maçon de formation. Je suis originaire de Zamengoué (à une vingtaine de km de Yaoundé). Je suis arrivé à Nkol Ondom (5km de Yaoundé) en 2007 grâce à ma grande sœur qui est mariée dans ce village. C’est elle qui m’a dit qu’il y a de bonnes opportunités dans l’agriculture à Nkol Ondom. J’y suis arrivé et j’ai constaté qu’elle avait raison. Aujourd’hui, je cultive la laitue, les carottes, les céleris, le chou et autres légumes. La terre que j’exploite appartient à mon beau-frère. Mes principaux clients sont les revendeurs du marché du Mfoundi à Yaoundé. C’est une activité qui rapporte. Grâce à mes revenus, je m’occupe aisément de ma femme et de mon enfant.” E.N.B.
Ciprien Koa, maraîcher à Nkol Ondom « Je cultive le céleri »
 “Je suis élève en classe de première. Je fais l’agriculture parce que, depuis que je suis enfant, je vois mes parents et mes aînés cultiver la terre. Le terrain appartient à mon père et il m’a juste donné une petite parcelle pour que je puisse faire mon champ. Je cultive les céleris, les tomates, les poivrons, les poireaux, les carottes, la laitue et autres légumes. Mes clients sont les Bayam Sellam du marché du Mfoundi à Yaoundé. Le prix d’un paquet de céleris varie entre 500 et 1500 Fcfa selon les saisons. Le maraîchage est bien rentable. Grâce à ça, j’ai pu construire une chambre dans laquelle je vis et je paie mes fournitures scolaires” E.N.B.
Pascal Bibiang, Nsimalen : D’infirmier à maraîcher
 “Je suis infirmier de formation et j’ai exercé cette profession dans un centre de santé à Yaoundé. Constatant qu’il n’était pas facile pour moi de m’occuper d’une famille de plusieurs enfants en restant en ville avec les revenus d’infirmier, j’ai laissé cette profession en 2005 pour m’adonner à l’agriculture et je ne regrette rien. La famille de mon ami qui est originaire de Nsimalen sur la route de l’aéroport, m’a cédé une grande parcelle de plus d’un hectare où je cultive le piment, la pastèque, la tomate que j’alterne avec le maïs. Lorsque la période des récoltes arrive, je vends le maïs frais ou sec égrené respectivement aux Bayam Sellam et aux éleveurs de volaille à Yaoundé. Ce que je gagne me permet d’envoyer chaque année mes enfants à l’école et d’entretenir ma famille.
J’encourage les jeunes à s’investir dans l’agriculture. Mais, avant de le faire, ils doivent chercher à se former pour travailler en professionnel. Ils doivent se documenter pour avoir une fiche technique des cultures qu’ils veulent pratiquer. Enfin, ils doivent être très patients car les débuts sont toujours difficiles.” E.N.B.
Jean Bakari, producteur de fleurs à Nsimalen « Toujours produire à côté d’une grande ville »
 “J’ai reçu une formation en agriculture mais je me suis spécialisé sur les fleurs à la demande des clients qui m’ont dit que ma proximité avec l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen me serait très avantageuse. Je cultive les fleurs de jardin. Par mois, je produis environ 1 000 pieds de différentes espèces. Le prix d’un pied varie entre 150 et 1 000 Fcfa. Mes clients viennent de Yaoundé, de Mbalmayo, d’Ebolowa et même du Gabon. Les fleurs les plus demandées sont le Duratan, le Rosier, le Sapin, l’Hibiscus, le Paupier, le Bégonia. Les périodes où je fais de bonnes recettes sont les mois d’avril, mai, juin et août. Aux jeunes qui voudraient se lancer dans la culture des fleurs, je leur conseille de ne pas trop s’éloigner de la ville où se trouve la clientèle. Au village, ça ne paiera pas.” E.N.B.
Mme Mekelaa Antoinette, Nkozoa : Le choix du maïs
 A l’entrée ouest de la ville de Yaoundé, au village Nkozoa, Mme Mekalaa Antoinette s’active dans la culture du maïs et du bananier plantain. Elle en est à sa première campagne agricole sur ce terrain d’un demi hectare qu’elle a acheté et fait titrer il y a quelques années.Les récents déguerpissements opérés par la communauté urbaine à l’avenue Kennedy à Yaoundé où elle tenait son échoppe ne sont pas étrangers à cette nouvelle activité. Délégué du GIC FASOPMEK à Yaoundé, Mme Mekelaa a jeté son dévolu sur la culture du maïs associé au bananier plantain, non sans avoir bien analysé le marché.
En effet, ce sont les denrées les plus consommées à Yaoundé. En plus de devoir vendre sa production, cette cultivatrice périurbaine entend aussi et surtout nourrir sa famille à moindre coût. Elle affirme avoir démarré son activité avec seulement 8 kg de maïs et 400 rejets de bananier plantain. Déjà, un projet de ferme porcicole lui trotte dans la tête. « Je ne vais pas m’arrêter à l’agriculture. J’ai envie de construire une petite ferme pour élever les porcs» affirme-t-elle déterminée. Marie Pauline Voufo
Jean Tchuiakam, fleuriste à Nkol Foulou « Accepter de se salir les mains pour réussir »
 “J’ai commencé à travailler à Nkol Foulou dans le champ de fleurs d’un monsieur qui m’a recruté. C’est avec lui que j’ai commencé à faire dans la culture des fleurs de décoration. Ça fait aujourd’hui 2 ans que je travaille à mon propre compte. Par semaine, je livre deux ou trois fois les fleurs aux revendeurs en face du cinéma Abbia à Yaoundé. Mes autres grands clients sont les chapelles chrétiennes. Lorsqu’elles ont besoin de fleurs, elles me passent la commande par téléphone et je livre le lendemain. Les fleurs les plus demandées par les clients sont les Asters, les Anthuriums, les Spath iliums et les Glaïeuls. Les périodes où je vends le plus sont les périodes de fêtes chrétiennes pour la décoration des églises. La période où je vends le moins c’est pendant le carême et à la rentrée scolaire. La production de fleurs de décoration est une activité intéressante. Ma recette hebdomadaire peut varier entre 30 000 et 60 000 Fcfa. Mais pour en arriver là, il faut être patient et assidu au travail. Il faut développer une passion pour les fleurs, accepter de se salir les mains et s’informer sur tout ce qui concerne les fleurs.” E.N.B.
Jean Romuald Temgoua, fleuriste à Nsimalen « C’est une chance d’être à côté de Yaoundé »
“J’ai 23 ans. Après mes études en menuiserie, je n’avais personne pour m’aider à ouvrir un atelier. Mon frère fleuriste à Yaoundé m’a mis en contact avec un agronome qui cherchait un employé pour tenir sa pépinière. Il m’a recruté et m’a formé en production des plants de palmier à huile et greffage des arbres fruitiers. Avec le temps, le salaire devenant irrégulier, mon frère m’a donné des semences de quelques espèces de fleurs très demandées à Yaoundé et m’a expliqué comment les cultiver. C’est ainsi que j’ai démarré cette nouvelle activité qui m’occupe aujourd’hui. Je fais dans les fleurs de jardin.
J’ai déménagé pour vivre à Nsimalen où je loue ma chambre à 12 000 F par mois. Etant sur place, j’ai pu trouver non loin de ma pépinière, à côté d’un bas-fond, un terrain de 1/2 hectare que je loue à 25 000 F par an. J’y cultive les légumes, la pastèque, le piment et le gombo. Mes clients viennent de Yaoundé. Il y a des bayam sellam (revendeuses) qui viennent acheter les légumes et les fruits sur place. Parfois, dès que je sors du champ, comme je suis sur un axe goudronné, les voitures s’arrêtent aussitôt pour acheter toute ma production. J’ai déjà compris une chose, mon avenir est dans l’agriculture. C’est une chance d’être à côté de Yaoundé où tout se vend, même les fleurs.» M.P.V.
|
|
|
|
|
|