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» La voix du paysan
Dossier du mois | 23 Jul 2009
Agriculture périurbaine : Les agriculteurs autour de Ngaoundéré et Maroua partagent leur expérience
Grâce à la proximité avec Ngaoundéré qui est un grand terminus ferroviaire pour la région du Grand Nord, de nombreux jeunes se lancent dans diverses...
Grâce à la proximité avec Ngaoundéré qui est un grand terminus ferroviaire pour la région du Grand Nord, de nombreux jeunes se lancent dans diverses activités agricoles dans les villages Darang, Wakwa, Marza, Mawoui, Beka Hossere, Dar es Salam. Quelles que soient les difficultés qu’ils rencontrent, ils y trouvent leur compte.
CHICHE Buzhwi, maraîcher, Dar es Salam (situé à 5 kilomètres de Ngaoundéré) « Je ravitaille des restaurants et des clients expatriés » CHICHE Buzhwi, la trentaine révolue, est entré dans l’agriculture suite à une rupture de contrat avec son patron pour non paiement de son salaire de trois mois. Ne pouvant pas ainsi satisfaire les besoins de ses parents restés au village, il se décide de tenter une aventure dans le septentrion. C’est à Ngaoundéré qu’il dépose ses valises il y a de cela 2 ans et demi. Il est technicien d’agriculture, ce qui est déjà un avantage. Il fait une étude de marché de la ville qui lui donne la conclusion selon laquelle les produits maraîchers se faisaient rares sur les étals. Il trouve 1 ha de terre à Dar es Salam (5 km de la ville) qu’il loue à 50 000 FCFA/an.
Depuis lors, il ravitaille régulièrement une clientèle qu’il a ciblée pendant l’étude de marché. Elle ne l’a jamais quitté jusqu’à nos jours. Actuellement, il ravitaille les restaurants, satisfait sa clientèle expatriée. Il produit essentiellement les aubergines, la courge, la pastèque, des concombres, du haricot vert indien, du haricot vert géant, des laitues, de la tomate, des choux, le chou de chine, le poivron… Pour lui, l’assurance est la location ou bien l’achat de la terre cultivable dans le but d’éviter une éventuelle éviction. Malgré les difficultés inévitables, il avoue que son activité est rentable. «L’agriculture est rentable, surtout à côté d’une grande ville Edouard Tankeu
Abdelaziz Souaïbou, maraîcher, Mamwoui (village situé à Ngaoundéré)
 « Mes clients sont les étudiants » ABDELAZIZ SOUAÎBOU, exerce ses activités agro-pastorales sur une exploitation familiale. Il produit essentiellement la pomme. Il s’est intéressé à l’activité agricole parce qu’à chaque moment, il fallait vendre une bête afin de se ravitailler en farine et autres malgré les hectares de terre dont disposent ses parents. En d’autres termes, l’élevage seul ne suffit pas car sa pratique doit se faire loin des cultures, compte tenu de la poussée démographique et l’augmentation des surfaces cultivables, il faut aller loin avec ses animaux. Il y a de cela 3 ans qu’il a pris cette décision et aujourd’hui, il s’en sort bien.
Profitant de la position stratégique de son champ au village Mamwoui qui est situé sur la Nationale N°1 à quelques mètres de l’Université de Ngaoundéré, M. ABDELAZIZ n’a pas de difficultés à écouler ses produits agricoles. Cette position stratégique n’est pas pour lui le seul atout. Il s’arrange aussi pour récolter une partie de ses pommes de terre pendant la période de Ramadan, période au cours de la quelle cette denrée est très sollicitée. Ses commandes viennent en grande partie des milieux estudiantins. Et pendant le jeun de Ramadan, elles augmentent au point où parfois, il n’est pas à mesure satisfaire ses clients. Il est conscient que la rentabilité de son activité agricole tient au fait que la ville de Ngaoundéré est toute proche, avec son université. « Je n’ai pas de problème de débouchés et je vends bien. Il y a l’université, il y a la ville » dit-il fièrement et nourrissant des ambitions d’étendre son exploitation E.T.
L’arrivée de l’Ecole Normale de Maroua rend l’agriculture autour de Maroua intéressante. Les producteurs des villages Zokok, Ladéo, Zala, Meskine, Kongola, Dougouf, Ngassa, Djarengol témoignent. Oumarou Bakary, maraîcher, Meskine (village situé à 7 kilomètres de Maroua)
“Le plus souvent il faut louer la terre à quelqu’un pour cultiver et le prix varie selon l’emplacement du terrain. Il y a des endroits où la terre est fertile et le prix de location est élevé. Mais si on a de l’argent, on peut trouver du terrain à acheter et c’est ce qui est mieux. Depuis l’arrivée de l’école normale à Maroua, les données ont changé. Les terres deviennent de plus en plus chères, néanmoins, nous nous débrouillons à faire de l’agriculture et l’élevage. Je fais particulièrement l’engraissement des béliers et des chèvres. Comme le kilogramme de bœuf a augmenté, le coût des chèvres aussi a augmenté. Cette activité me permet de subvenir aux besoins de ma famille ainsi que de mes parents. Cette année, j’ai fais du maïs par irrigation. Je mange chez moi trois fois par jour grâce à l’agriculture et l’élevage. Parfois, je n’ai pas besoin d’amener mes produits au marché, il y a de clients qui viennent les acheter au champ puisque le village n’est pas loin du centre commercial. Actuellement, ce qui est rentable c’est l’oignon, la tomate, les légumes comme le foléré, la salade, le piment, la carotte, il y a aussi l’élevage des poulets et des bœufs. Le poulet moyen coûte plus de 2.000 F et le kilogramme de bœuf sans os est à 2.000 F et avec os 1.500 F Etienne Faha
MAILADA Catherine, éleveur, Maroua “Les prix du poulet ont doublé”
 Elle a fait ses études au Lycée de Doukoula jusqu’en classe de première, titulaire du BEPC, elle a fait une formation au Centre national zootechnique et vétérinaire. Pour elle « c’est possible de trouver le terrain à louer pour faire de l’agriculture On peut en acheter ou louer ». L’activité qui marche le plus c’est le maraîchage : salade, foléré, tomate, pi-ment, sans oublier la carotte. Ces activités sont surtout pratiquées par les femmes. Tandis que les hommes, produisent l’oignon, du mil et de l’arachide. “Je fais l’élevage des poulets, canards et chèvres et c’est vraiment rentable. Les prix des poulets ont presque doublés depuis un certain temps” E.F.
NEENWALA, éleveur, Maroua “J’ai actuellement 38 porcs”
 “Après l’obtention de mon baccalauréat, je ne suis pas resté à attendre l’Etat. J’ai reçu une formation de pépiniériste à ONAREF. Après la fermeture de cette structure, je me suis installé à mon propre compte. Je vis à Dougouf. Les débuts n’ont pas été faciles car la pépinière demandait beaucoup d’eau et je ne pouvais travailler qu’en saison pluvieuse. C’est ainsi que je me suis lancé dans l’élevage des porcs ; je ne connaissais pas la meilleure race ou variété. J’ai rencontré un éleveur de porcs expérimenté qui réside à Mokong dans l’Extrême-Nord du Cameroun qui m’a donné des conseils. Je suis propriétaire de mon terrain, je n’ai pas pris de crédit et avec l’arrivée de l’université à Maroua, la demande a augmenté. J’ai actuellement 38 porcs, je suis marié avec 6 enfants ; je suis fier de mener cette activité qui me permet de m’occuper de ma famille E. F.
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