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Dossier du mois | 17 Mar 2009
L’alimentation des cailles, construction des cages, choix des reproducteurs, techniques d'incubation

La caille est un oiseau qui affectionne une alimentation diversifiée : farine ou graines fines très riches en protéines, verdure (courgette, salade, bananes, papaye...).

L’aliment concentré doit avoir une mouture fine, sans toutefois être très poudreuse. Une eau de très bonne qualité, renouvelée régulièrement doit toujours être à la disposition des cailles, et à toutes les étapes de leur élevage. La composition de l’aliment doit permettre de couvrir tous les besoins (croissance, entretien et dépenses d’exercice entre autres) des sujets.

Quel pourcentage de protéines, de calcium, de matières grasses
Voici un exemple de composition en régime de base pour les pondeuses
Une expérience sérieuse a montré que les besoins en protéines brutes de la caille domestique pour la ponte maximale sont compris entre 16-17%, pour un niveau d’énergie de 2,65 kcal.EM/g d’aliment. Pour la croissance, un taux de 21% de protéines brutes est largement suffisant au démarrage et un peu moins pour l’engraissement. Le calcaire est déterminant surtout pour la qualité des œufs. Une déficience en calcium et phosphore se traduira par des œufs fêlés et de faible valeur commerciale. Les données relatives aux normes alimentaires chez la caille sont éparses et étalées dans le temps. La caille consomme environ 35 g/j. Il est observé que la consommation chez les cailles diminue avec l’âge.

Source : Guillaume, J., 1970












Quelques formules alimentaires proposées dans le commerce donnent les compositions suivantes :















Source : Versele-Laga, Belgique, 2009


Voici une autre formulation avec des ingrédients simples












Source : Menassé, V., 2004





LA CONSTRUCTION DES CAGES

Les cages peuvent être en bois ou grillagées, en batterie selon la disponibilité financière du futur éleveur et de manière à ce que la gestion de l’alimentation et ...

Les cages peuvent être en bois ou grillagées, en batterie selon la disponibilité financière du futur éleveur et de manière à ce que la gestion de l’alimentation et de l’abreuvage soit facilement accessible, ainsi que le ramassage des œufs.
Lorsque les cages sont faites en bois, il faut utiliser le copeau (déchet de bois) qu’on pourra rechanger lorsque le mélange est assez émietté. Lorsque les cages sont faites en batteries grillagées, cela pose moins de problème parce qu’on n’a pas besoin du copeau. Il faut simplement vider régulièrement les déchets qu’on reçoit en dessous.

Le logement des reproducteurs
Pour obtenir des œufs normalement fécondés, il est nécessaire d’empêcher les combats entre les mâles. Il est donc préférable de loger les reproducteurs par lots séparés, si telle est la méthode adoptée, chaque lot étant comprenant un mâle et une ou plusieurs femelles. Un excellent modèle de cage de reproduction est reconstitué par un élément genre batterie de ponte, entièrement métallique. Il est conçu pour recevoir un mâle et trois femelles séparés par une cloison amovible. Les dimensions de cette cage sont les suivantes : 1m de long sur 0,40 m de large et 2,20 m de haut. Mangeoires et abreuvoirs sont placés en façade. Le plancher grillagé, en pente douce vers l’avant, permet un ramassage facile des œufs qui ne peuvent être ni salis, ni fêlés.

Les batteries de ponte individuelles se présentent sous l’aspect d’une série de cages miniatures dont les dimensions de chacune ne dépassent guère 0,20 de long sur 0,20 m de large et 0,15 m à 0,20 m de haut. Ces batteries comportent jusqu’à huit étages. Le plancher en grillage à mailles de 1,5 mm, en pente douce vers l’avant ou vers l’arrière rend facile le ramassage. Comme pour le modèle précédent, les mangeoires et les abreuvoirs sont disposés sur une façade, parfois même sur deux. L’éclairage artificiel est encore plus nécessaire aux cailles reproductrices qu’il ne l’est aux poules. Des expériences récentes ont montré que la façon d’éclairer valait mieux que la durée de l’éclairage valait mieux que la durée de l’éclairage. C’est ainsi que d’excellents résultats ont été obtenus avec seulement dix heures par 24 heures

LES METHODES DE REPRODUCTION

Il existe deux méthodes principales de reproduction qui se pratiquent toutes deux en batterie. Chacune d’elle, comme nous allons le voir, possèdent des avantages et des inconvénients.
La première, qui réclame moins de main d’œuvre et de matériel, consiste à entretenir les producteurs par lots plus ou moins importants de un ou plusieurs mâles, avec un nombre variable de femelles. Ce mode d’élevage présente les inconvénients suivants :
- combats fréquents entre les mâles
- nervosité générale
- ponte et fécondation plus ou moins bonnes et irrégulières
- surveillance difficile, contrôle de production individuelle impossible

Pour la deuxième méthode, on prévoit une cage pour chaque pondeuse et pour chaque mâle qui sont tenus séparés par les batteries différents. Les dimensions des cages peuvent être réduites (0,20 mètre sur 0,20 mètre). Dans ce cas, il faut périodiquement amener le mâle dans la cage de la femelle pour qu’ait lieu l’accouplement. Quelques minutes suffisent pour chaque accouplement, mais l’inconvénient majeur de ce système réside dans le fait qu’il crée finalement des pertes de temps considérables, surtout lorsque l’élevage atteint une certaine importance. En contrepartie, il présente des avantages incontestables et en particulier celui de pouvoir exercer une surveillance étroite et chacun des reproducteurs. Il permet en outre d’obtenir une excellente fécondation des œufs, un contrôle rigoureux de la ponte et de la fécondité et d’éviter plus aisément une consanguinité trop étroite

LE CHOIX DES REPRODUCTEURS

Pour créer un élevage, il est nécessaire de se procurer des bêtes de souches chez un éleveur sérieux. On évitera par la suite une consanguinité trop étroite en introduisant un sang nouveau dans le troupeau tous les deux ou trois ans. Du choix des reproducteurs dépend l’avenir et la renommée de l’élevage. Il est donc indispensable de sélectionner des sujets capables de transmettre à leurs descendants, une somme de qualité recherchés: vitalité, croissance rapide, ponte abondante, fertilité, etc.


Au Japon, la sélection porte surtout sur les capacités de ponte, souvent au détriment du poids. Ceci est à éviter dans notre pays où l’on recherche à la fois, d’une part la rapidité de croissance, la conformation, l’aptitude à l’engraissement, et d’autre part une ponte aussi abondante que possible. Pour y parvenir, il faut avant tout éviter que les femelles n’entrent en ponte trop tôt (avant 40 jours), et de faire reproduire des mâles trop jeunes. Bien attendu, on écartera impitoyablement du lot des reproducteurs tout sujet ne présentant pas les caractères morphologiques du sexe auquel il appartient

L’âge des reproducteurs
Les femelles : les femelles commencent à produire à l’âge de 5 semaines. Certains sujets particulièrement précoces entrent en ponte dès leur trentième jour d’existence, mais ces oiseaux n’ayant pas atteint une maturité suffisante, leurs œufs sont encore petits et très souvent infertiles. Dans tous les cas, on doit s’efforcer d’éviter que les femelles commencent à pondre avant leur sixième semaine. D’une manière générale, les œufs sont utilisables pour l’incubation dès la septième semaine.

Les mâles : la maturité sexuelle des mâles est légèrement plus tardive que celle des femelles et il n’est jamais raisonnable d’employer pour la reproduction, des mâles âgés de moins de 8 semaines. Le développement des organes sexuels chez le mâle, prêt pour la reproduction, fait apparaître au dessus du cloaque, une petite poche rouge, très visible, grosse comme une noisette, qui constitue une réserve de sperme. Pour les femelles, la période de grande fertilité s’étend tout au long de la première année de ponte. Les meilleurs mâles pour la reproduction sont ceux qui sont âgés de quatre à cinq mois. Pour conserver une bonne fertilité des œufs à couver, il est préférable de remplacer les reproducteurs chaque année.

Les mâles s’habituent très rapidement à ce genre de manipulation et se laissent saisir sans difficulté. Il peut arriver que certaines jeunes femelles refusent l’accouplement. Cela ne signifie pas qu’il en sera toujours ainsi et il convient de présenter à nouveau le mâle quelques jours plus tard dans la cage de la femelle. Généralement, celle-ci se montre plus conciliante mais si elle persiste dans son refus, au bout de trois à quatre tentatives à quelques jours d’intervalles, il faudra alors l’écarter du lot de reproducteurs. Les œufs sont prêts pour l’incubation quatre jours au moins, après le premier accouplement.


LES TECHNIQUES D'INCUBATION


L’incubation artificielle est un des moyens les plus exploités pour développer la coturniculture. En l’absence, d’incubateurs spécialisés, nos éleveurs peuvent bien exploiter les petits incubateurs conçus localement pour les poules.

Pour ce faire, il faut préparer l’incubateur/couveuse, notamment pour ce qui est de la température. La température adéquate d’incubation est de 38°C pour toute la durée de séjour des œufs. Le retournement doit avoir lieu pendant les 14 premiers jours. L’humidité relative devra être autour de 53% pour la même période. Ensuite, il faudra atteindre 58% (en augmentant la surface d’évaporation) pour faciliter l’éclosion.

Les séparations seront enlevées pour que l’éclosion se fasse aisément. Environ 5% des cailleteaux éclosent au 16ème jour et 60% le 18ème jour et près de 5% au 19ème jour. Mais avant, on pourra procéder au mirage comme chez les autres volailles pour détecter les œufs clairs et ceux où les embryons sont morts. Dès le 15ème jour, il faudra ajouter deux cuillères à soupe de vinaigre dans l’eau du bac. L’acide acétique du vinaigre de cuisine facilite la fragilisation de la coquille aidant ainsi les cailleteaux à casser et sortir de leur « prison ». A la sortie de l’incubateur, les cailleteaux pèsent près de 8g. Le tri peut alors avoir lieu en vue de l’élimination des sujets présentant des tares à l’éclosion : bec croisé, pattes déformées, manque de vitalité.

La caille domestique couve très exceptionnellement ! Par conséquent pour les petits éleveurs, il est recom-mandé de recourir à des poules naines, sélectionnées comme des bonnes couveuses qui peuvent ainsi recevoir jusqu’à 20 œufs de cailles.
Pour assurer un bon démarrage à ses cailleteaux, il est conseillé de mettre en place une poussinière dont les tempéra-tures pour les différentes périodes sont les suivantes :
Eclosion : 38° C
2ème jour 35° C
3ème jour 32° C
5ème jour 28° C
10ème jour 22° C
Après 15 jours 18-22° C
Source : caille des Blés 2009

La poussinière devra être préparée au moins 24 à 48 heures avant le transfert des cailleteaux qui sont très sensibles à des températures extrêmes. Eviter le vent direct sur les sujets. Pour que les jeunes animaux ne s’entassent pas dans l’obscurité, il est recommandé que l’éclairage de la poussinière soit maintenu continu (24/24) pendant au moins les 10 premiers jours quand le plumage recouvre déjà tout le corps des cailleteaux. A cet âge, les caille-teaux pèsent autour de 60 g

LES ELEVEUSES

Il existe selon les pays des règles minimales d’installation des élevages des cailles. Dans le contexte camerounais, aucune législation particulière ne régit l’élevage de cailles. On compte en Europe une organisation des élevages de cailles intégrant différents segments. Elles sont de deux catégories : les éleveuses pour le démarrage au sol, et les éleveuses de batteries. Les éleveuses pour le démarrage, au sol fonctionnent généralement à l’électricité. Il est préférable en effet, d’éviter les fortes bandes de jeunes cailles car ce sont les lots de 100 ou 200 sujets qui donnent le meilleur rendement. Les éleveuses électriques sont par conséquent très indiquées.

Les éleveuses batteries de démarrage sont conçues dans l’ensemble, de la même manière que celles que l’on utilise pour les poussins avec, cependant quelques modifica-tions dues à la petite taille des jeunes cailles. Pour le plancher, on emploie un grillage à mailles fines (6 mm). On utilise souvent un genre de petite batterie chaude individuelle, étudiée habituellement pour l’élevage de 40 à 50 sujets jusqu’à l’âge de cinq semaines. Cette batterie com-prend un compartiment à parois pleines, chauffé électriquement, attenant à un petit parc grillagé où sont disposés mangeoires et abreuvoirs.

Les dimensions totales sont les suivantes : 0,80 m de long sur 0,55 m de large et 0,24 m de haut. Le compartiment chauffé mesure 0,32 m de long sur 0,55 de large. Le plancher est constitué par un panneau grillagé, les déjections tombent sur une plaque ou sur un tapis plastique amovible. Deux trappes s’ouvrent à chaque extrémité permettant d’accéder à l’intérieur de la batterie. Son poids total est d’environ 15 kg. Ces éleveuses peuvent être groupées par deux, trois, quatre ou cinq éléments sur un même chariot monté sur les roues, le tout formant un ensemble pratique et peu encombrant

COMMENT S'Y PRENDRE AVEC LES CAILLETAUX ?

Les jeunes cailles ont un duvet jaune rayé de brun qui les fait ressembler à des pintadeaux, la taille mise à part.
A leur naissance, les cailleteaux pèsent environ 6 grammes mais leur croissance est extrêmement rapide durant les premiers jours de leur vie. Dès le troisième jour, on voit apparaître les premières plumes aux ailes. A trois semaines, les jeunes cailles sont entièrement emplumées. On commence à pouvoir différencier les sexes à partir de l’âge de 2 semaines mais un sexage définitif ne peut guère avoir lieu avant la troisième semaine.
Lorsque les nouveaux nés sont alimentés avant d’avoir 24 heures d’âge, on enregistre une mortalité élevée dans les jours qui suivent. On est beaucoup moins certain du résultat quand à savoir s’il faut laisser jeûner les cailles nouvellement éclosent pendant 24 heures ou plus. Certains éleveurs préconisent en effet 48 heures de jeûne, d’autres même 72 heures. Il a été démontré que les meilleurs rendements étaient obtenus avec seulement 24 heures de jeûne.

Chauffage et mortalité des cailleteaux

Une certaine mortalité survenue chez les sujets de moins de trois semaines est absolument normale et pratiquement inévitable. Ces pertes ne doivent cependant pas dépasser la proportion de 15%. Dans la pratique, une mortalité de l’ordre de 8 à 10 % est courante. Au cas où ces chiffres seraient trop largement dépassés, l’éleveur doit réviser ses méthodes d’élevage et d’alimentation. Dans les cages de chauffage, la température doit avoisiner les 38°C et elle diminuera au fur et à mesure qu’ils grandissent. Ils doivent consommer un aliment de premier âge et leur abreuvoir doit avoir les petites pierres tout autour pour empêcher la noyade de manière à ce qu’il y ait de l’espace seulement pour leur bec. A 10 jours, les jeunes possèdent déjà les plumes et peuvent supporter les températures de 24 à 25 °C.
En dix jours, le cailleteau avoisine les 60 grammes et c’est le moment idéal pour commencer l’engraissement qui fera 5 semaines pour 220 grammes à l’âge adulte.
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