Feuilles économiques
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feuilles économiques | 26 May 2009
L’oseille de Guinée : (Foléré)

Une culture bien rentable !
- Où et comment le produire
- Comment tirer profit de ses multiples usages(boisson, légume, confiture)

- Se soigner avec le Foléré
- Adresses pour vendre localement et à l’étranger


L’oseille de Guinée dont le nom scientifique est Hibiscus sabdariffa comprend deux formes : la forme sabdariffa à calices comestibles et la forme altissima qui serait une forme mutante de la première. Il existe aussi des formes intermédiaires. Cette espèce, certainement originaire d’Afrique, se retrouve dans les régions tropicales d’Asie et d’Amérique latine.

Les plantes de la forme ou du groupe «sabdariffa» peuvent mesurer jusqu’à deux mètres de haut ; leurs tiges sont largement ramifiées, glabres. La fleur possède un calice charnu, continuant à croître après la floraison.
Les plantes de la forme « altissima » sont de plus haute taille, jusqu’à trois à cinq mètres, ramifiées seulement vers le sommet. Ses tiges fournissent des fibres ayant beaucoup de points communs avec celles du kénaf (Hibiscus cannabinus). Elles sont surtout cultivées en Asie (Thaïlande, Inde, Indonésie, Java, Vietnam et Philippines).

Description de la forme à calices comestibles
C’est une plante herbacée, annuelle, à feuilles alternes de forme et de dimensions variables : elles peuvent être ovoïdes entières ou lobées (trois ou cinq lobes), de sept à quinze centimètres de long. Les fleurs sont axillaires solitaires, formant de faux épis lâches, elles sont hermaphrodites et l’espèce est autogame. Cette espèce présente deux phénotypes : un phénotype jaune vert ou « albus » et un phénotype rouge vert ou « ruber ».
Les variétés du type rouge, les plus couramment utilisées possèdent une pigmentation anthocyanique rose, rouge, rouge sombre : leurs tiges et leurs feuilles sont plus ou moins colorées de rouge violacé ou verdâtre ; les calices des fleurs sont rouges, la corolle jaune pâle à oeil rouge foncé devient rouge.

Les variétés de type jaune vert sont dépourvues de pigmentation : les tiges et le dessus des feuilles sont vert clair à jaune orange, le dessous des feuilles et les calices sont verts ; ceux ci deviennent ensuite jaune clair avec des corolles également jaunes.
Les parties consommées de ces deux types de variétés n’ont ni le même goût, ni les mêmes utilisations, ni les mêmes propriétés.
Les fruits sont des capsules de 1,5 à 3 centimètres à sommet acuminé, se terminant en pointe piquante, de couleur brune et contiennent de nombreuses graines de 5 à 6 mm.

Le Foléré devrait sa présence au Cameroun grâce aux Peuls qui se sont installés dans le Grand-Nord camerounais, arrivés à la fin du 18ème siècle lors des mouvements migratoires en Afrique, en provenance de la cuvette tchadienne ; ceci à cause du fait que l’oseille de Guinée est un légume très important dans l’alimentation des Peuls. Sa culture et sa consommation se répandront peu à peu dans les autres régions du pays avec le déplacement de certains Peuls à la recherche de nouvelles conditions de vie par l’élevage et le commerce. C’est dire que la culture de cette plante dans beaucoup de régions est liée à la présence des Peuls.

L’oseille de Guinée dans quelques langues locales
Cette culture a une appellation qui varie d’une région à l’autre de l’Afrique ou du monde.
Fufuldé : « Foléré »
Ewondo : « Essan »
Douala : « sawa sawa »
Français : Oseille de Guinée, roselle, thé rose d'Abyssinie
Wolof : Bissap, bassap
Serer : Fasab, bondo, basap
Diola : Kugès, fugès
Bambara : Dakumu, kâ
Mandingue : Da, domoda, köta
Moré : Bito, wegdoré

Dossier réalisé par :
Irénée Modeste Bidima et Mireille Melou (stagiaire)
Sources d’information
- Agridoc
Le sirop de Bissap-Production artisanale en Afrique
- CDDR/SAILD (Service Question-Réponse)
Le Bissap ou oseille de Guinée : production, transformation et commercialisation au Cameroun
- BDPA-SCETAGRI
Hibiscus Sabdarifa : variétés, utilisations, débouchés


OU ET COMMENT PRODUIRE PRODUIRE LE FOLERE

La préparation du sol se fait en planches de longueur variable, mais de largeur oscillant entre 1 mètre et 1 mètre et demie. Le labour est d’environ 25 centimètres et se fait en début de saison des pluies.

Le semis
Il se fait en lignes espacées de 90 cm à 1 m, par poquets de 3 à 4 graines et à 3-4 cm de profondeur. On démarie après la levée à 2 pieds tous les 20 cm
Pour les variétés de la forme altissima, on pratique des écartements de semis plus importants

La fertilisation
* La fumure de fond comprend :
250 à 300 kg de fumier ferme (bovin ou porcin= 4 à 5 brouettes)/ 20 m2 enfouis à l’aide d’une houe.
½ sac (12 à 15 kg) de fientes de volaille ou 1 kg de NPK (17.17.17 ou 15.15.15)= 20 boîtes de tomate/ 20 m2, répandu lors de la préparation du lit de semence.
* La fumure d’entretien comprend :
2 semaines après la levée, 500 g d’urée (environ 10 boîtes de tomate) / 20 m2.
Après la première coupe, 1 kg de NPK (environ 20 boîtes de tomate)/ 20 m2.
Après la deuxième coupe, 500 g de nitrate de chaux (environ 20 boîtes de tomate)
Après la troisième coupe, 1 kg de NPK (environ 20 boîtes de tomate)/ 20 m2

L’entretien
Il consiste à effectuer chaque fois que cela s’impose des arrosages, des sarclages, des binages, des buttages.
Souvent sensible aux maladies et parasites, il faut envisager des traitements phytosanitaires (contre les nématodes, les champignons, les insectes)

La récolte
Les récoltes de feuilles peuvent débuter assez rapidement, 6 à 8 semaines après le semis, et être renouvelées 2 à 3 fois. La récolte de calices se fait 5 à 6 mois après le semis ou 15 à 20 jours après la floraison quant ils sont tendres et charnus.
Le calice est détaché de la capsule par incision sur sa base cartilagineuse. Lorsqu’on souhaite obtenir de la poudre, on récolte la fleur entière.

Les rendements
Les rendements sont d’environ 1 kg à 1,4 kg de calices frais par pied.
Au Sénégal les rendements ont été estimés à 10.500 kg/ha de capsules donnant 4 620 kg de calices frais soit 740 kg/ha de calices secs.
En Mauritanie, 6 300 kg de calices frais donnent 800 kg de calices secs.
La récolte des fibres est effectuée en début de floraison. Les rendements sont de l’ordre de 1 à 1,5 tonnes de fibres sèches/ha

Quels climats et quels sols?
La culture est conditionnée par une pluviométrie de 800 à 1 600 mm en période continue d’au moins six mois, avec un minimum de 100 à 150 mm par mois pendant toute la durée du cycle végétatif qui est de 5 à 6 mois.
Température : entre 18 et 35° C.
Latitude : entre 20° C de latitude nord et 30° C de latitude sud.
La plante est très sensible au photopériodisme : elle est de jours courts ; la floraison demande une durée de jour inférieure à 11 h 45.
Les qualités de sol ne sont pas une contrainte mais des sols limoneux, limono argileux ou sablo argileux et bien drainés sont préférables. La durée du cycle est de 150 à 180 jours maximum.

Etat des lieux de la production de Foléré au Cameroun
La culture du Foléré, ne posant pas de difficultés majeures, elle peut être cultivée sur toute l’étendue du territoire. Sa production varie en fonction des régions et des variétés appréciées. C’est ainsi que dans le Grand Nord (Garoua, Maroua, Ngaoundéré), on rencontre le Foléré rouge et vert. Par contre, au Centre (Yaoundé), à l’Est (Bertoua), au Littoral (Douala, Edéa), seul le Foléré vert y est quelque peu cultivé. Le Foléré rouge n’y est pas cultivé. Néanmoins, il y pousse naturellement et est considéré comme plante ornementale.

Les différentes variétés de Foléré cultivées au Cameroun et leurs caractéristiques






















Les quantités produites au Cameroun
Cet aspect semble complexe à cause du caractère traditionnel et ethnologique que revêt encore cette culture, ainsi qu’un manque de données statistiques sur celle-ci ; il est donc difficile de donner les quantités exactes de la production du Foléré au Cameroun.
Toutefois, dans le tableau ci-dessous, vous avez une approche de la production en pourcentage en fonction de la variété et des différentes régions ou provinces du pays.

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