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» La voix du paysan
Actualité | 11 Nov 2008
Pression fiscale : qui veut tuer les exportations agricoles
 Les exportateurs des produits agricoles d’origine Cameroun voient certaines redevances multipliées par 7,5, passant de 2 Fcfa/kg à 15 Fcfa/kg.
Par une note de service datant de 24 juillet 2008 " Portant facturation et paiement au comptant de la redevance commerciale fret " et signée du Directeur Général des Aéroports du Cameroun (ADC), les exportateurs des produits agricoles d’origine Cameroun voient certaines redevances multipliées par 7,5, passant de 2 Fcfa/kg à 15 Fcfa/kg.
La mention la plus importante est curieusement portée à la main : " redevance commerciale : 15F/kg " (voir fac-similé ci-joint). Les exportateurs de fruits et légumes, sous la houlette du Réseau des opérateurs de filières horticoles du Cameroun (RHORTICAM), déjà en très grande difficulté, protestent. La lettre adressée aux ADC fait ressortir certaines difficultés qui minent leurs activités de production et d’exportation : " Outre le triplement en 2 ans des intrants agricoles…la disparition de la CAMAIR a créé un manque de capacité ; argument largement utilisé par les autres compagnies pour augmenter sans cesse le coût du fret aérien. " Conclusion : " Appliquer une augmentation de 12,5F cfa/kg brut des produits agricoles est inacceptable."
Cette mesure vient alors que le RHOTICAM avait relever lors d’un séminaire à Yaoundé que l’aéroport de Douala était le deuxième plus cher du monde et à l’époque, demandait des corrections pour favoriser les exportations camerounaises qui sont battues à plate couture par d’autres pays africains. Exemple : les Ghanéens sont venus chercher les boutures d’ananas au Cameroun pour planter chez eux, aujourd’hui ils exportent 40 000 tonnes d’ananas alors que la Cameroun peine à atteindre 8 000 tonnes.
Au moins 3 questions se posent - Qu’est ce qui peut justifier l’urgence de l’application de cette note ? Signée le 24 juillet, on demande de l’appliquer dès le 1er Août. Sans donner le temps aux opérateurs de se préparer. Sans doute cherche-t-on l’effet de surprise. - Comment peut-on expliquer qu’une note aussi importante manque tant de sérieux ? Le montant de la redevance est inscrit à la main. La main de qui ? Du DG des ADC ou celle d’un collaborateur opportuniste ?
- Un décret du Premier ministre datant du 07 janvier 2000 stipule que " le taux de redevance sur le fret perçue auprès de l’expéditeur, est fixé de la manière suivante : au départ du Cameroun : deux (2000) francs CFA par tonne." A ce jour, aucun autre décret n’a modifié cette disposition. Doit-on comprendre que c’est par note de service qu’on annule les décrets au Cameroun ? En attendant, " les produits agricoles d’origine Cameroun ne sont plus visibles à Roissy –France ", soutient un ancien cadre de la défunte CAMAIR.
Martin Nzegang
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